February 24, 2014 | 14e FORUM DE BAMAKO, Conférence

Les menaces majeures dans l’espace sahélo-saharienne

Communication de M. le ministre Zeïni MOULAYE, docteur en science politique, au 14e Forum de Bamako

Zeini Moulaye

 

Depuis un quart de siècle, la sécurité a pris une place spéciale dans les Relations Internationales et dans la vie des nations, grandes et petites. En particulier, depuis les attentats contre le World Trade Centre de New York le 11 septembre 2001, contre la Gare de Madrid le 11 mars 2004, contre le Métro de Londres les 7 et 21 juillet 2005 et, conséquemment, la guerre déclenchée par les puissances occidentales contre les réseaux terroristes sur tous les continents, nous vivons dans un monde de plus en plus menacé et imprévisible. Chaque jour qui passe apporte son lot de nouvelles menaces qui n’épargnent ni les individus ni les communautés ni les États ni même les organisations internationales.

Dans l’espace sahélo-saharien, nous assistons depuis une vingtaine d’années au développement de vastes réseaux de trafics (de drogues, d’armes, d’êtres humains, de migration clandestine, etc.) et, depuis une dizaine d’années, à la sanctuarisation de l’espace par des groupes terroristes se réclamant du salafisme. L’hybridation de ces acteurs du crime organisé est aujourd’hui l’une des menaces les plus pernicieuses pour les États sahélo-sahariens. Ces réseaux criminels, en plus de bâtir une économie parallèle, ont favorisé une corruption à l’échelle himalayenne qui a gangrené la vie politique, délité les rapports sociaux et les valeurs culturelles, désagrégé le tissu économique et plombé le développement.

Les menaces sécuritaires dans l’espace sahélo-saharien sont de deux ordres au moins : il y a des menaces physiques et des défis de gouvernance qui ne sont pas moins des menaces sécuritaires car, comme me l’a dit un jour un officier général, chaque problème non résolu ou mal géré ailleurs devient automatiquement un problème sécuritaire.

I. Les menaces sécuritaires physiques

Les menaces sécuritaires physiques se manifestent à travers notamment :

Les actes de banditisme urbain et périurbain ;
Les sempiternels conflits communautaires et la violence qu’ils engendrent ;
Les conflits religieux (déviations, intolérance, intégrisme, extrémisme violent) ;
Le chômage endémique, la pauvreté, la paupérisation, la marginalisation, l’exclusion ;
L’injustice sociale et la culture de l’impunité ;
La corruption, la délinquance économique et financière, la cybercriminalité ;
L’accumulation pléthorique et la prolifération des armes légères et de petit calibre ;
Une foultitude de conflits armés (rébellions, guerres claniques, tribales) avec parfois un effet revolving ;
L’insécurité alimentaire, les épidémies et les pandémies ;
L’insécurité routière, ferroviaire, marine, fluviale et aérienne ;
Les catastrophes naturelles et autres effets climatiques (inondation, pollution, réchauffement, sécheresse, désertification) ;
La criminalité transfrontalière et transnationale organisée : trafic de drogue, d’armes, d’êtres humains, terrorisme, etc.

II. Les défis de gouvernance

Les défis de gouvernance se révèlent notamment dans :

La mal-gouvernance globale dominée, entre autres, par :

* des politiques contre-productives (souvent sans vision ni contrôle démocratique, encore moins de participation populaire) ;

* l’imposition à la tête des institutions étatiques d’hommes de paille, le plus souvent au service d’intérêts personnels et/ou étrangers ;

* une pléthore de personnel dans les fonctions publiques, plus que des cadres, des carriéristes de tout acabit ;

* des systèmes bureaucratiques corrompus et peu performants ;

* la prolifération d’affairistes attirés par l’appât du gain facile et rapide, tournant autour du pouvoir et, parfois, le prenant en otage ;

* la baisse vertigineuse du niveau d’instruction, d’éducation et de vie ;

* la fragilité étatique qui se manifeste dans la déliquescence de l’autorité de l’État, la faiblesse des institutions et des structures gouvernementales et leur incapacité à assurer les services vitaux aux populations ;

* l’appauvrissement structurel des États et la paupérisation des populations ;

* une trop grande dépendance de l’extérieure et, conséquemment, une perte croissante de souveraineté, etc.

Dans le domaine spécifique de la sécurité, on peut noter :

· L’absence de leadership, de vision, de stratégie et de bonne gouvernance ;

· La démilitarisation de la guerre et la militarisation de la vie politique et civile ;

· L’insuffisance des ressources humaines et le sous-équipement des forces ;

· Le caractère exorbitant et improductif de certaines dépenses sécuritaires ainsi que l’opacité qui les entoure ;

· L’absence de cadre de coordination des forces de défense et de sécurité et plus généralement de cadre institutionnel de concertation et d’harmonisation des actions des acteurs du secteur de la sécurité ;

· L’inefficacité de la lutte contre les nouvelles formes de criminalité et, conséquemment, l’émergence de groupes armés non étatiques voire de seigneurs de guerre étrangers ;

· L’accroissement de la violation des droits de la personne et des souffrances humaines ;

· L’aiguisement des convoitises extérieures et une féroce compétition pour l’accès aux ressources naturelles, etc.

Dans cette panoplie de menaces sécuritaires, certaines reposent sur des réseaux puissants, une chaîne de commandement ou un caractère pandémique. Elles sont les plus nocives pour les États et les peuples de l’espace sahélo-saharien. On peut en citer cinq, entre autres :

· Le trafic des stupéfiants
Depuis plusieurs années, profitant des déficits de contrôle des frontières, les trafiquants ont déversé des tonnes de drogues dans l’espace sahélo-saharien. La plupart des experts en la matière estiment qu’entre 30 et 40 tonnes de cocaïne y transitent chaque année en provenance d’Amérique du Sud. Certes la presque totalité est réexportée vers l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord, mais il en reste toujours suffisamment dans la zone pour empoisonner la vie des nations, corrompre la classe politique, altérer l’économie, détériorer la vie sociale, fragiliser les institutions étatiques et, parfois, prendre violemment le pouvoir pour mieux prospérer le trafic. Alors que l’on considérait cet espace comme seulement une plaque tournante, l’ONUDC a découvert entre 2009 et 2012 des fabriques de drogue, notamment de méthamphétamine en Guinée-Bissau, en Guinée-Conakry et au Nigeria. Il y en a probablement dans d’autres pays sahélo-sahariens ;

· La prolifération des armes légères et de petit calibre
Déjà au milieu des années 1990, une mission des Nations Unies estimait que huit millions d’armes légères et de petit calibre devaient être en libre circulation en Afrique occidentale, hors du contrôle des États[2]. Cette situation a été aggravée dans les années 2000 par la crise ivoirienne de 2002, par la crise libyenne de 2011 et la crise malienne de 2012. L’intervention de l’OTAN a créé un tel chaos que les arsenaux d’armes sont devenus des dépôts à ciel ouvert où tout le monde s’est servi sans compter : rebelles, révolutionnaires, milices privées, trafiquants en tout genre, terroristes, etc. C’est là que des hordes de l’armée libyenne dont certains seraient d’origine malienne ont puisé les armes et munitions qui leur ont permis de réveiller en 2012 une rébellion touarègue dormante depuis 2006. Dans leurs sillages, AQMI et ses affidés ont profité de la situation pour se mettre en scène. Les armes légères introduites au Mali, au Niger et en Mauritanie, ainsi que les 10.000 missiles signalés disparus des arsenaux libyens par l’OTAN constituent un danger mortel pour les peuples de l’espace sahélo-saharien ;

· Le terrorisme
À la suite des affrontements violents entre le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) et l’armée algérienne dans les années 1990, les Salafistes algériens ont fait une lente descente de la côte méditerranéenne vers le Sahel par les frontières de la Mauritanie, du Mali et du Niger, qu’ils ont allègrement passées avec armes et bagages. Dans ces pays, ils se sont installés dans les oasis, les forêts et les massifs montagneux. Les prises d’otages et les rançons aidant, ils ont fait de l’espace sahélo-saharien un sanctuaire allant jusqu’à y cacher des tonnes d’armes conventionnelles et même y aménager de véritables fabriques de bombes artisanales. Cela a été révélé à l’opinion publique malienne et internationale à la suite de l’intervention française contre ces criminels et leurs acolytes. En 2007, le GSPC a déclaré son allégeance à Al Qaïda central et a pris la dénomination d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). En 2012, AQMI a fait des émules au Mali en particulier qui se sont dénommés ANÇAR EDDINE (les défenseurs de la foi) et MUJAO (mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest). Quelques années avant s’est développé un autre mouvement terroriste au Nigeria, d’inspiration salafiste, Boko Haram. Voilà des mouvements terroristes qui constituent un danger permanent et qui, en dépit des pertes subies au Mali, peuvent s’incuber et se métastaser facilement et rapidement au contact des bassins de pauvreté et de misère qu’offre l’espace sahélo-saharien ;

· L’extrémisme religieux violent
Dans la crise malienne de 2012, l’action conjuguée narcotrafiquants et des djihadistes se réclamant du salafisme s’est révélée d’un impact néfaste sur la vie culturelle des peuples sahélo-saharien. L’acharnement des djihadistes à détruire systématiquement le patrimoine culturel matériel et immatériel du peuple malien pose un problème doctrinal. En effet, le salafisme[3] (courant rigoriste) dans sa pratique actuelle semble s’opposer fondamentalement au soufisme (courant mystique ouvert) qui est la forme de pratique de l’islam la plus répandue en Afrique du Nord et de l’Ouest. Historiquement, hormis les premières années de conquêtes islamiques, la pénétration de l’islam s’est faite pacifiquement dans l’espace sahélo-saharien, notamment à travers le commerce transsaharien, les médersas, les zawiyas. Dans les zones noires africaines de cet espace, l’islam a peu à peu pénétré le tissu social tout en tolérant les pratiques païennes. Cette tolérance propre au soufisme a sans doute été l’un des facteurs majeurs de l’incrustation durable de l’islam dans les cultures locales au point de devenir une valeur intrinsèque de la société noire africaine. Ainsi, des siècles durant, les sociétés de l’espace sahélo-saharien ont développé un islam tolérant, fondé sur un rite sunnite malékite[4] et le soufisme. Mais depuis le début des années 1970, on a vu la région infiltrée par des prêcheurs venant le plus souvent du Moyen-Orient, du Pakistan, de l’Afghanistan et du Maghreb pour répandre un islam « pur et dur », rigoriste et peu tolérant, dont la forme la plus achevée semble être le salafisme. L’irruption violente en 2012 de djihadistes se réclamant du salafisme sur la scène religieuse au Mali et l’extrémisme violent dont ils ont fait montre ont été pour beaucoup (à l’intérieur comme à l’extérieur du Mali) un choc voire un traumatisme. On sent en sourdine une bataille idéologique à venir entre un salafisme violent émergent de ses cocons et un soufisme dormant sur ses lauriers. D’où la nécessité d’une analyse approfondie de ce choc et d’un débat doctrinal sur la forme de pratique de l’islam au Mali[5]. Au regard des transformations politiques et sociales de ces vingt dernières années, les autorités politiques et religieuses, les intellectuels et les fora culturels, devraient se pencher sur l’évolution de l’islam et plus largement des religions dans l’espace sahélo-saharien, leurs apports et leurs impacts, pour en tirer le meilleur parti en faveur des peuples ;

· L’hybridation des menaces sécuritaires
Alors que leurs activités étaient au départ cloisonnées, les acteurs criminels dans l’espace sahélo-saharien les ont rapprochées, superposées, avant de les fusionner à tel point qu’il est aujourd’hui presqu’impossible de savoir qui fait quoi, qui est le trafiquant de drogue, où est le djihadiste, le trafiquant de cigarettes, d’armes ou d’êtres humains. Cette hybridation des acteurs a renforcé les capacités d’incubation de ces criminels ainsi que leurs capacités opérationnelles. Le développement de multiples réseaux interconnectés, la mobilité des criminels, les immenses richesses financières amassées dans les trafics et les rançons, les moyens modernes dont ils disposent pour perpétrer leurs actes ignobles, l’envergure de leurs opérations dans l’espace et le temps dont ils ont fait étalage au Mali, constituent une menace particulière aggravante de la situation sécuritaire dans l’espace sahélo-saharien.

Ces cinq menaces, entre autres, ont des effets dévastateurs sur la sécurité humaine, l’économie et la gouvernance des États de l’espace sahélo-saharien. Voilà pourquoi il est particulièrement intéressant d’en examiner les causes et les conséquences pour mieux les combattre.

III. Les causes des menaces sécuritaires

À la vérité, les causes des menaces sécuritaires résident dans un déficit de gouvernance globale de la plupart des États sahélo-sahariens. Elles vont des vulnérabilités aux déficits structurels en passant par les fragilités des États.

Les vulnérabilités
Une des premières vulnérabilités est liée à l’immensité des territoires dans l’espace sahélo-saharien et à la porosité des frontières. Face à cette situation, les forces de contrôle aux frontières sont très peu équipées et généralement corruptibles. Les groupes criminels passent aujourd’hui allègrement les frontières, commettant des crimes et délits de part et d’autre de la ligne frontalière tout en échappant aux forces de sécurité. La faiblesse de la coopération interétatique et régionale est un facteur aggravant de la criminalité transfrontalière.

Une autre vulnérabilité est liée à la situation démographique. Le taux de croissance moyen est de 2,5 % et la population dans cette zone est dans sa grande majorité composée de jeunes minés par le chômage, le désœuvrement et la pauvreté endémique. C’est dans ce bassin de ressources humaines fragilisées que puisent les réseaux criminels et la récurrence des conflits. Si l’on garde à cette jeunesse en mal de valorisation et d’actions spectaculaires inspirées des images numériques, il y aurait de grands risques d’explosion sociales.

Une troisième vulnérabilité est liée aux sempiternels conflits communautaires souvent liés à la rareté des ressources qui déstructurent la société, brisent la cohésion sociale et l’unité nationale, affaiblissent les États.

· Les fragilités
Ce sont toutes les précarités qui affectent les capacités physiques et opérationnelles des État sahélo-sahariens à faire face à l’adversité. Entre autres : l’insuffisance des ressources humaines et le sous-équipement des forces, l’absence de stratégies ou l’inadaptation des stratégies aux nouvelles formes de criminalité, l’absence de cadre de coordination des actions des forces de sécurité et de cadre institutionnel de concertation et d’harmonisation des actions de tous les acteurs du secteur de la sécurité. C’est aussi la fragilité écologique avec la sécheresse et la désertification. C’est plus globalement « la fragilité étatique qui renvoie à trois principaux indicateurs :

– (i) l’absence notoire de capacité et/ou de volonté d’assumer et d’assurer l’Etat de droit, de délivrer les services sociaux de base aux populations y compris la sécurité, de manière effective équitable et efficace ;

– (ii) une tendance récurrente à bafouer les droits civils et politiques et singulièrement les droits de l’homme ;

– (iii) une absence de capacité et/ou de volonté de nouer des partenariats en appui au développement économique et social au service des populations[6] ».

Les déficits structurels
Ce sont les carences chroniques citées plus haut de gouvernance politique, économique, sociale, culturelle et sécuritaire qui dissuadent les investisseurs internes et externes et plombent le développement.

IV. Les conséquences des menaces sécuritaires

Les menaces sécuritaires dans l’espace sahélo-saharien impactent fortement la gouvernance globale des États.

· Les conséquences sur la vie politique
L’impact de la criminalité transnationale sur la vie politique se manifeste notamment par la montée de la violence et du crime. Cela est aggravé par la prolifération des armes légères et de petits calibres et le trafic de drogue. En effet, les trafiquants s’appuient généralement sur les élites politiques en quête d’argent, de prestige et/ou de postes politiques au plus haut niveau dont ils financent généralement les campagnes politiques. C’est là que se noue le premier niveau de cooptation et d’instrumentalisation. Puis se tissent des complicités au plus haut niveau politique qui remettent en cause l’intégrité des institutions et des hommes qui les dirigent. Dès lors, il y a une menace sérieuse à la gouvernance politique.

· Les conséquences sur la vie économique
Le milieu de la criminalité transnationale brasse plusieurs milliards de dollars dans les trafics illicites. Pour faire prospérer ces trafics, les réseaux maffieux irriguent le tissu économique et social par l’argent sale. Dans plusieurs États de l’espace sahélo-saharien, on voit et on sent les effets sournois de l’argent du trafic de drogue, d’armes, d’êtres humains et même des rançons touchées à la suite de prises d’otages. On le voit dans la soudaine prolifération de véhicules de luxe aux prix exorbitants pour le niveau de vie des possesseurs. On le voit dans la montée au ciel d’immeubles immenses aux coûts incomparables avec les gains ordinaires des possédants. On le voit dans la naissance d’entreprises privées dont les propriétaires sont de nouveaux riches pour lesquels on ne connaissait ni trésors cachés ni héritages lointains. La conséquence est qu’avec leur puissance financière, les narcotrafiquants, les terroristes et autres maffieux peuvent à tout moment déstabiliser un gouvernement, renverser un régime, changer les institutions et les hommes, créer un conflit, financer une rébellion, déstructurer l’économie, détruire le tissu social, saper les fondements d’une société démocratique.

· Les conséquences sur la vie sociale
Pendant longtemps, on a cru que l’impact le plus nocif sur la sécurité humaine est celui produit par la prolifération des armes légères et de petit calibre. Aujourd’hui, le trafic et la consommation de drogue qui tentent de plus en plus la jeunesse dans l’espace sahélo-saharien est un danger capital. Il y a également le lancinant problème des enfants-soldats. Victimes à la fois de la pauvreté structurelle de leur milieu social, des conflits et d’un manque chronique d’instruction, inconscients et désœuvrés, ils sont des proies faciles pour les réseaux maffieux. Mais peut-être que l’expression la plus symptomatique de la souffrance humaine dans l’espace sahélo-saharien est finalement le double drame de la traite humaine et de la migration clandestine. Cette traite qui cible précisément des enfants et des femmes soumis à rudes épreuves et parfois à un véritable esclavage moderne et cette migration clandestine étale quotidiennement ses victimes sur les plages de la méditerranée.

V. Les principaux enjeux liés aux menaces sécuritaires

Les enjeux liés aux menaces sécuritaires dans l’espace sahélo-saharien sont de sept ordres au moins :

· L’enjeu de la paix sociale et de la sécurité de la personne humaine ;

· L’enjeu de la démocratie et des droits humains ;

· L’enjeu de la stabilité politique et du développement ;

· L’enjeu des ressources naturelles qui attisent les convoitises extérieures ;

· L’enjeu de la souveraineté nationale remise en question par l’idéologie djihadiste et certains groupes armés aux revendications identitaires voire séparatistes ;

· L’enjeu de l’intégration régionale perturbée par l’instabilité politique et la politique de la division ;

· L’enjeu de la paix et de la sécurité internationales troublées par la criminalité transfrontalière et transnationale organisée.

Au regard de ces enjeux de taille, les menaces sécuritaires doivent être vigoureusement combattues sous toutes leurs formes et leurs ramifications au quadruple niveau local, national, régional et international. Cette bataille acharnée impose aux Etats non pas des combats singuliers qu’aucun d’entre eux ne pourrait enlever mais un combat commun, une action commune, une stratégie de sécurité collective. C’est une nécessité de l’heure et une assurance pour l’avenir. Mais comment mener ce combat, avec qui et dans quel cadre ?

[1] Les opinions émises dans cette communication n’engagent que leur auteur, exclusivement leur auteur.

[2] Il s’agit d’une mission requise par président Alpha Oumar Konaré auprès de l’ancien Secrétaire Général de l’ONU, Boutros Boutros-Ghali, pour évaluer l’impact des armes légères sur le Mali. Elle était conduite par le Camerounais William Eteki Mboumoua, ancien Secrétaire Général de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA).

[3] Samir Amghar, le salafisme d’aujourd’hui, Paris, Éditions Michalon, 2011.

[4] Il y a quatre rites islamiques, chacun suivant un des imams suivants : Imam Malek, Imam Chafi, Imam Ahmed Hambal, Imam Abu Huneyfa. L’Imam Malek Bin Anas, éminent érudit et exégèse du Saint Coran, né et décédé à Médine est l’auteur d’un traité de hadiths qui est une référence majeure pour la communauté malékite. Le mélékisme est le rite prédominant en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest voire sur le reste du continent africain. CF. L’Imam Malek Bin Anas, Al Mouwatta’, Beyrouth. Editions Dar El Fikr, 2007.

[5] Zeïni Moulaye, « Défis et enjeux sécuritaires au Mali : quelle gouvernance pour demain? » in Forum des leaders religieux du Mali, Bamako, Friedrich Ebert Stiftung, décembre 2012, p. 24.

[6] Massaer Diallo, « Paix et sécurité en Afrique de l’Ouest : la CEDEAO à l’épreuve des attentes régionales », Conférence régionale sur les « menaces sécuritaires et extrémisme violent au Sahel central et en Afrique de l’Ouest: Quelles réponses régionales? », Niamey du 22-24 avril 2013.

 

 

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